Le sens étymologique inapproprié d’un terme est-il une raison pour le délaisser ?

هل يُعَدّ المعنى الاشتقاقي غير الملائم لمصطلحٍ ما سببًا للتخلّي عنه؟

Le sens étymologique d’un terme religieux n’a plus d’effet ni de valeur s’il est tombé en désuétude ; c’est-à-dire qu’il n’est plus en usage. Les langues évoluent avec le temps, leurs lexiques*, donc les mots*, évoluent également. Ils se transforment, se modifient, se muent et changent sur les deux plans de la forme et du sens. Ainsi, un sens étymo-logique tombé de l’usage communautaire d’une lan-gue donnée, la langue française par exemple, n’aura plus aucune influence de sens dans la comm-unication* ou dans le discours*, autant à l’écrit qu’à l’oral. Il ne sera plus désormais qu’un témoin sur la mémoire du mot, sur son histoire. Il fournit des renseignements sur son origine, sa naissance, sa formation, comment, quand et d’où est-il venu ? de quelle-s langue-s et à quelle époque. L’étymon, qui est la racine du mot étudiée par l’étymologie* informe sur le sens utilisé autrefois, soit dans sa langue d’origine, la langue donneuse, soit dans les débuts de son existence dans la langue réceptive ou d‘accueil. L’étymologie est la discipline qui a pour objet l’étude de l‘origine des mots d’une langue. Dans son travail, l’étymologue donne des informations étymologiques concernant le mot à étudier.
L’étymologie étant l’étude dont l’objet est l’origine et l’histoire des mots dans une langue, et la reconstitution de leurs étymons. L’étymologie donne au chercheur des informations sur la naissance d’un mot, sa généalogie, son évolution, son sens de départ, donc le sens premier ou étymologique, etc. (A. Ayad, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, 2025 : 162).
La langue française est une langue gréco-latine ; elle dérive du grec et du latin. C’est pourquoi le lexique français puise en majorité ses racines du grec et du latin. Ces deux langues qui sont mortes, car elles ne sont plus parlées, sont la matrice des mots religieux français devenus des termes. Les radicaux ou étymons de beaucoup de ces termes comportaient jadis dans ces langues des acceptions qui transgressent parfois la croyance islamique.
Autrement dit, si on examine l’étymon d’un mot comme paradis, venu en français depuis le latin chrétien paradisus et que celui-ci même a emprunté au grec paradeisos, désignant alors parc clos où se trouvent les bêtes sauvages et employé seulement à propos des parcs des rois et des nobles perses (Le Robert, dictionnaire historique de la langue française 2012 : 2427), on se rendra compte que cette définition gréco-latine dem-eure incommensurable avec le sens du terme paradis tel qu’il est d’usage en islam. Car il n’y a pas de rapport entre eux. La notion étant bien évidemment incongrue pour qualifier un Haut Lieu au Ciel, qu’Allâh a réservé aux croyants. Sachant par ailleurs que le grec a emprunté le mot au persan paridaisa, où il signifiait « enclos du seign-eur » (Larousse, diction-naire étymologique et historique du français 2006 : 590). Remarquons en outre que le grec et le latin ont modifié le sens perse en exprimant une notion entièrement différen-te. Or, cette définition gréco-latine indiquant le sens étymologique du terme paradis n’est plus attestée dans l’usage moderne. Voire ce sens est tombé de l’usage depuis que la Bible grecque et à sa suite la Bible latine aient employé paradis pour traduire la notion de « jardin des bienheureux après la mort » pour la première, et « jardin merveilleux donné par ‘’Dieu’’ à Adam et Ève au moment de leur création » (Le Robert, op. cit. : 2427) pour la seconde.
De nos jours, et depuis une très longue date, le mot paradis n’est plus entendu en français avec son ancienne signification grecque ou latine décrite plus haut. Il est invraisemblable de penser qu’on puisse employer aujourd’hui en français paradis au sens d’« écurie » ! Et il en est de même de pleins d’autres mots, tel que, par exemple, les termes : miséricorde, miséricordieux qui trouvent leur origine dans le latin avec le sens étymologique misericordia « compassion,

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