Extrait d'un de mes livres année 2002 "CES MESSIEURS QUI NOUS GOUVERNENT " Je les ai vus se goberger, s’empiffrer sur le dos de la bête. Je les ai vus, les yeux plus gros que le ventre, piller et se goinfrer. Se donner des lettres de noblesse factices que leur position et leur pouvoir leur conféraient. Je les ai vus bomber le torse et de leur petite hauteur, mépriser le peuple en donnant au château de Versailles des fêtes royales pour célébrer dignement l’arrivée au pouvoir. Et que dire des châteaux avoisinants transformés en résidences d’été pour nos ministres ! Intendants et valets au garde-à-vous, soumis au bon vouloir des familles et amis qui venaient à l’improviste pour y faire bombance. Les caves millésimées vidées, les jardins potagers pillés, la roseraie classée vandalisée pour installer un fils artiste forgeron et ses ferrailles. Les cortèges de voitures officielles comme autant de carrosses et les garden-parties de ces nouveaux parvenus bientôt emperruqués. J’ai vu les épouses et leur marmaille jouant à Marie-Antoinette sans vergogne sous les lambris, dont le passe- temps se limitait à organiser des dîners fins entre amis et visiter le Mobilier national comme on va chez Ikea. Gratuit ici. Surtout quand on omettait de restituer pièces d’art et meubles d’époque. J’ai vu les caisses noires des ministères exonérées d’impôts, les frais d’intendance éhontés enfler toute honte bue, chauffeurs et gardes du corps à vie et retraites cumulées replètes, des avions équipés comme des palaces volants, des jets sur le tarmac prêts à décoller au moindre caprice ou quand tsunamis, tremblements de terre et autres catastrophes permettaient d’appeler les hordes de photographes, après être passé en vitesse chez le coiffeur et le couturier branché, pour qu’ils vous immortalisent au pied d’un jet avec un sac de riz sur le dos. J’ai vu des soutes en provenance d’Afrique garnies de billets de banque et des coffres de voitures transformés en caverne d’Ali Baba pour distribution à grande échelle, des contrats d’État passés aux mains des filous, des comptes bien cachés dans des pays aux lagons bleu émeraude, des guerres fomentées pour piller les richesses de ceux qui n’en verront jamais la couleur et verseront leur sang sans même savoir pourquoi. Des enfants éventrés, des femmes violées, lapidées, torturées. J’ai vu un avion avec une croix rouge sur son flanc porter secours à des populations africaines affamées et leur tirer dessus, et j’ai même vu certains crocodiles bouffer de malheureux témoins encombrants, et d’autres tomber des fenêtres, arrêts cardiaques et cancers fulgurants. Toute cette honte pour encore plus de pouvoir et d’argent. Une Europe aux mains de la Finance Internationale et un ordre mondial pour maintenir, verrouiller le système et protéger une élite. Le peuple gronde. Le peuple n’a pas de pain ? « Qu’on lui donne de la brioche ! »