Pour une lecture poussée et plus récente sur les critiques formulées contre le CLG, voir : Simon Bouquet, « Il faut relire Ferdinand de Saussure dans le texte », [Entretien avec Laurent Wolf]. In Le nouveau quotidien, Genève, 1997 ; Simon Bouquet, « Introduction à la lecture de Saussure », 2004 ; MEJÍA QUIJANO C. “Rudolf Engler. L’ouvrage d’un philosophe artiste”. In Cahiers Ferdinand de Saussure (58) : 5-19, 2006 ; MEJÍA QUIJANO C. « Sous le signe du doute. Présentation des textes de E. Constantin ». In Cahiers Ferdinand de Saussure (58) : 43-67, 2006 ; Sofia Estanislao, « Qui est l’auteur du Cours de linguistique générale ? » Recherches sémiotiques / Semiotic Inquiry, 34 (1-2-3), 39–57, 2014.
Et c’est de ce dernier article que nous avons tiré les références ci-dessus ; et il en contient d’autres encore. Notons de plus que l’auteur (Sofia Estanislao) a consacré d’autres écrits à ce sujet, dont figurent : « Petite histoire de la notion saussurienne de ‘’valeur’’ ». In Parallèles floues. Espaces théoriques du langage. Cl. Normand & E. Sofia. Louvain-la-Neuve : Academia, 2013 ; « Cent ans de philologie Saussurienne. Lettres échan-gées par Ch. Bally & A. Sechehaye en vue de l’édition du Cours de linguistique générale ». In Cahiers Ferdinand de Saussure (66) : 181-197, 2013 ; La collation Sechehaye du ‘cours linguistique générale’ de Ferdinand de Saussure (1913). Édition, introduction et notes par E. Sofia. Leuven : Peeters, 2015 ; Le CLG à travers le prisme de ses (premières) réceptions. Cahiers Ferdin-and de Saussure, Vol. 69 ; pp. 29-36, 2016 ; « Quelle est la date exacte de publication du CLG ? », Cahiers Ferdinand de Saussure, pp. 9-16.
Outre cela, mis à part les critiques que l’ouvrage a reçues, d’autres linguistes ont aussi critiqué quelques-uns des concepts saussuriens, et ont remis en question la conception que Saussure en a eu et fustigé sa méthode d’analyse. Parmi ces concepts figurent les notions de langue*, d’arbitraire* du signe*, de valeur*, les dichotomie* langue*/parole*, synchronie*/diachronie*…
Ainsi, un des premiers linguistes ayant constaté et rapporté les contradictions de Saussure, est le linguiste Japonais Motoki Tokiéda.
Je rapporte ici un échantillon de ses critiques cité par Eisuke Komatsu (« La critique de la théorie saussurienne d’après Motoki Tokiéda (1941) » (Linx Revue des linguistes de l’université Paris X Nanterre 7 | 1995 : 258-262). Voici la traduction (de Catherine Garnier) l’extrait.
Saussure a voulu, pour des raisons méthodologiques, ne pas prendre comme objet le langage concret qui est notre expérience. Il a voulu isoler à l’intérieur du langage concret, hétérogène et multiforme, quelque chose qui soit homogène et uniforme. Il a fait de cette entité l’objet de sa recherche, l’a appelée « langue », l’a reconnue comme étant un objet psychique, association d’une image acoustique et d’un concept, et l’a définie comme ayant une existence séparée, étant un fait social extérieur à l’individu. La langue prise comme objet est censée posséder une organisa-tion structurée. Elle n’a de lien avec le sujet parlant que quand il l’utilise. Mais Saussure ne définit pas clairement le lien entre le sujet et cet objet ainsi utilisé. La plus grande contradiction de Saussure c’est que, si la langue est l’objet de la linguistique l’observation concrète ne peut se faire que sur la parole. Toute la théorie de Saussure n’est alors que le résultat d’une sorte d’objectiva-tion du langage pour répondre à des préoccu-pations méthodologiques. »
Dr Abderrahmane AYAD, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Sciences et pratique, Béjaia, 2025, pp. 269-273.
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