Définitions de concepts-clés en linguistique et sciences du langage 17 :
Allomorphe, morphe, morphèmeDr Abderrahmane AYAD
Maitre de conférences, HDR, en sciences du langage
Remarque : Les astérisques (*) suivant certains concepts signifient que ces derniers sont définis dans le dictionnaire.
Nota : Une version PDF est téléchargeable sur :
https://t.me/Linguistiqueetislam/811AllomorpheOn appelle allomorphe chacune des réalisations d’un morphème selon le contexte dans lequel il apparait.
(Voir infra, déclinaison, morphe, morphème, paralexème).
MorphePar ce terme de morphe, l’on désigne l’unité formelle dans un morphème pourvue d’un sens ou d’une fonction et qui soit la plus petite, ne permettant pas de la réduire en unité plus petite sans changement de sens ou de fonction. Ainsi dans un morphème comme « décalquage », trois morphes sont apparents : le préfixe* dé-, le radical* calque et le suffixe* age.
(Voir supra, allomorphe, déclinaison).
MorphèmeLe morphème est la plus petite unité de signification. C’est grâce à son unité minimale de sens ou de fonction grammaticale qu’il rentre dans la formation des mots. Ainsi, un morphème est non seulement l’entité lexicale elle-même connue traditionnellement sous le nom de mot, mais même les éléments préfixaux ou suffixaux sont eux aussi de morphèmes. À partir de là, les linguistes distinguent deux types de morphème : le morphème lexical ou lexème et le morphème grammatical ou grammème.
Le morphème est l’unité minimale de signification. Un mot peut être composé d’un ou plusieurs morphèmes. Fleur compte un morphème, fleurs, fleurir ou fleurette en comptent chacun deux. La marque du pluriel, la désinence verbale de l’infinitif et le suffixe diminutif sont tous des morphèmes. (D. Zemmour, Initiation à la linguistique, 2008 : 122).
(Voir supra, lexème, lexie ; et infra, mot, paralexème).
→ Morphème grammatical ou grammème Les grammèmes sont des morphèmes grammaticaux, c'est-à-dire des parties ou particules appartenant à des classes grammaticales bien distinctes tels que les déterminants, les flexions, etc. qu’elles soient nominales ou verbales.
Nous l’avons précédemment défini comme l’unité minimale de signification. Ajoutons que l’on distingue les morphèmes lexicaux (lexèmes) et les morphèmes grammaticaux (grammèmes). Ces derniers comprennent, pour l’essentiel, des morphèmes flexionnels (désinences de nombre, de genre, de personne, etc.), des morphèmes dérivationnels (préfixe, suffixe), des mots grammaticaux (conjonction, préposition, etc.). En un moment donné de l’histoire d’une langue, les lexèmes sont en nombre théoriquement infini (compte tenu des créations par néologisme ou par dérivation), tandis que les grammèmes sont en nombre théoriquement fini.
Comme pour les syntagmes, la délimitation des morphèmes se fait grâce à la double procédure de segmentation* et de commutation*. (O. Soutet, La syntaxe du français, 2018 : 10).
Abderrahmane Ayad,
Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Science et pratique, 2025, Béjaia, p. 363-364.