- E. 5 : « Dis : ‘’Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres’’ ». (Sourate Le Voyage Nocturne, v. 88). - E. 6 : « Certes, c’est toi qui reçois le Coran, de la part d’un Sage, d’un Savant. » (Sourate Les fourmis, v. 6), etc. À partir de ces énoncés ainsi que d’autres, nous avons identifié les sens ci-dessous : S.1 : Un Livre de méditation provenant d’Allâh. S.2 : Descendu au mois de Ramadan comme guide pour les gens et preuves claires de la bonne direction et du discernement. S.3 : C’est une Révélation divine. S.4 : Révélé pour avertir les Arabes ainsi que tous ceux à qui il parviendra. S.5 : Provient d’Allâh seul et confirmé par les Livres antérieurs. S.6 : Il est inimitable. S.7 : Provient au Prophète de la part d’Allâh, etc. Au travers des énoncés, définitions et sens précédents, une analyse contrastive permet de constater qu’étant un emprunt, une restriction de sens versant dans la modification a été opérée dans le TLF. Il s’est agi principalement d’avoir omis les traits définitoires principaux de ce terme, à savoir que le Coran est une parole divine, révélée au Prophète Mouhammed (prière et salut d’Allâh sur lui) et à l’intention de tous les hommes. Ces traits sont nettement exprimés dans le corpus et totalement occultés par le TLF. Sur le plan sémantique, les sens attestés rendus par le TLF ne précisent pas que le Coran est la parole de Dieu (Allâh). Voire, le TLF a mentionné que c’est le recueil de Mahomet. Chose qui vient en totale contradiction avec les sémantismes rendus par le corpus, notamment les sens 1, 3, 5 et 7. Ce terme tel qu’il est identifié dans les différents contextes du corpus renvoie à un même référent. Sa monoréférentialité concerne la totalité des sèmes qui expriment une même réalité, à savoir que le Coran émane uniquement d’Allâh (Dieu), qu’il est Sa parole et qu’il est destiné à toute l’humanité. Contrairement à cette réalité, à cet univers de croyance auquel sont attachés tous les musulmans, les auteurs du TLF ont subrepticement fait passer leurs conceptions puisant de leur propre univers de croyance s’accordant que le Coran est l’œuvre du Prophète. Ce trait est particulièrement rendu par les deux séquences Recueil de prédications de Mahomet, et Livre des musulmans. Or, linguistiquement, puisque le terme de Coran est un emprunt, la restriction aux sèmes principaux (le noyau du sens) de ce terme aura été le mécanisme sémantique capital à privilégier, puisqu’il garantit au terme d’emprunt de garder sa spécifié sémantique d’origine étant un mot ayant voyagé vers le français d’une langue étrangère, l’arabe. La séquence Livre des musulmans, relève en fait l’ambigüité sémantique dont la définition du TLF est imprégnée. Car, en plus de l’indication de l’appartenance du Coran aux musulmans, ce segment implique que seulement les musulmans sont concernés de le lire ou d’y croire…, élément qui est carrément contradictoire avec les sens identifiés du corpus, comme cela induit également un sens implicite ou sous-entendu signifiant que le Coran est une propriété humaine, une œuvre d’un peuple ou d’une nation, les musulmans, alors que le corpus stipule que c’est le Livre d’Allâh, Sa Parole. Ce dernier sens (le Coran est une propriété humaine) caractérise particulièrement les écrits de beaucoup d’auteurs orientalistes et chrétiens qui s’entendent à dire que le Coran fait partie des textes construisant l’ensemble du patrimoine littéraire humain.